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Solstice d’hiver 1666 : une épine au cœur de la France

Savez-vous quand fut fondée l’Académie des Sciences ? La réponse est dans le titre !


dimanche 19 avril 2026, par Rock’Astres

Je propose dans ce petit essai d’explorer, par l’Histoire et l’Astrologie du SORI’Astres,
cette date remarquable où s’acte historiquement la scission entre l’Astronomie et l’Astrologie

L’Astronomie a été si bien glorifiée, et l’Astrologie tant discréditée depuis quelques siècles
qu’il paraît difficile aujourd’hui de concevoir qu’elles aient pu être un jour une seule et même discipline,
indissociables comme les deux faces d’une même médaille.

Et pourtant, depuis la nuit des temps et jusqu’à cette date pour le moins remarquable, si ce n’est fatidique,
l’Astronomie et l’Astrologie étaient respectueusement reconnues conjointement comme “la Mère des Sciences”.

Effectivement, c’est bien d’elles que découlent toutes les disciplines scientifiques : cela se vérifie aussi bien en Histoire, en archéologie qu’en pédagogie.
Les découvertes qui se succèdent en cascades, de peintures rupestres, de mégalithes, de leurs alignements et de cités très anciennes,
datées pour certaines de plus de dix millénaires en témoignent. Les peintures rupestres racontent le ciel et le zodiaque ;
les cités, les monuments sont tous bâtis et orientés selon des repères astronomiques et rappellent les dimensions de la Terre [1].
Nous pouvons voir de plus en plus loin dans le passé. Cela va nous amener très bientôt à réécrire l’Histoire de l’humanité.

De nos jours, à part les quelques rares qui, comme moi, ont abordé l’astrologie pour commencer et l’astronomie par la suite
et qui ne peuvent renier la pertinence et l’intérêt de l’astrologie,
tous les astronomes, en herbe, amateurs ou professionnels, passent d’abord par la case anti-astrologie dans leur parcours.
C’est-à-dire qu’on commence par leur décréter que l’astrologie est une affaire de charlatans. A partir de là, c’est classé !
De génération en génération, c’est devenu une habitude qui se répète sans plus réfléchir à sa pertinence.

Et en retour, du côté des astrologues, on ne peut que déplorer leur ignorance en astronomie et se demander pourquoi la plupart renoncent à tout effort pour aller à la source directe :
ce ciel à vivre, à admirer, à observer, à comprendre et qui nous inspire.

Chassez le naturel, il revient au galop. Malgré ces siècles de bannissement, non sans cause [2], l’Astrologie n’a toujours pas disparu.
Elle s‘est régénérée, en témoigne le SORI’Astres [3] !

C’est avec ce merveilleux outil qui réconcilie l’Astronomie et l’Astrologie que vais me pencher sur le thème du solstice d’hiver de l’an 1666, le 21 décembre
et de la fondation de l’Académie Royale des Sciences le lendemain, 22 décembre.

C’est parti !

Nous sommes dans la seizième année du règne de Louis XIV, alors âgé de 28 ans. Colbert est surintendant des Bâtiments, des Arts et des Manufactures
et deviendra bientôt Contrôleur général des Finances.

Qu’a retenu l’Histoire ?

Jean-Baptiste Colbert est considéré comme le véritable fondateur de l’Académie Royale des Sciences. Louis XIV a donné son accord et son patronage, mais c’est Colbert qui a tout initié, organisé et financé.

Contexte et motivation de Colbert
Après la Paix des Pyrénées (1659), la France est en paix et Louis XIV veut affirmer la gloire de son règne par les arts et les sciences.
L’Académie française a été crée en 1635 et la Petite Académie [4] en 1663.
Colbert comprend que les sciences peuvent :
 servir à l’utilité publique : navigation, cartographie, médecine, techniques militaires et industrielles,
 augmenter la puissance économique et militaire du royaume,
 rivaliser avec l’Angleterre (la Royal Society de Londres fondée en 1660) et l’Italie (Accademia dei Lincei de Rome fondée en 1603).

Il veut placer la vie culturelle et scientifique sous le contrôle direct de la monarchie absolue.

C’est Charles Perrault (son secrétaire particulier, futur auteur des Contes) qui inspire directement Colbert.

« Lorsqu’en 1666 Colbert, heureusement inspiré par Perrault, proposa à Louis XIV la création de l’Académie des sciences,
il prétendait former une compagnie compétente, aussi bien sur les questions d’érudition, d’histoire, de littérature et de goût, que sur les problèmes de science pure. »
 [5]
Colbert consulte aussi Pierre de Carcavi (bibliothécaire du roi et mathématicien) et probablement Jean Chapelain.

Du printemps à l’automne 1666, Colbert sélectionne personnellement les premiers membres, une quinzaine de savants d’excellence, sans formalité ni concours.
Pour les réunions, il met à disposition la Bibliothèque du roi – aujourd’hui site de la Bibliothèque nationale, rue Vivienne à Paris (dans un bâtiment proche de son hôtel particulier).
Il obtient les pensions et gratifications du roi pour les académiciens.
Aucune cérémonie officielle, aucun décret public : tout se fait par décision ministérielle informelle et rapide.

Les objectifs fixés par Colbert
L’Académie doit :
 Faire des recherches utiles : astronomie de précision, mathématiques, physique, anatomie, chimie, botanique, zoologie, mécanique …
 Conseiller le pouvoir royal.
 Contribuer à la « gloire du règne ».
Louis XIV soutient pleinement ce projet pour affirmer la prééminence culturelle et scientifique de la France.

La mise en œuvre
Elle a été rapide, un peu improvisée et sans formalités lourdes.
Ce n’était pas un grand projet longuement préparé avec décrets officiels et statuts, mais une initiative de Colbert
lancée dans l’urgence pour rivaliser avec l’Angleterre et glorifier Louis XIV.
La première séance a lieu le 22 décembre 1666 dans cette bibliothèque en présence du Roi.
Colbert n’est pas présent mais il a tout organisé.
Colbert supervisera tout dans les premières années ; l’Académie fonctionnera sans statuts officiels jusqu’en 1699 et restera très dépendante de lui.

Procès verbal de la première réunion :
« Ce mercredi 22 de décembre 1666 il a été arresté dans la compagnie qu’elle s’assemblera deux fois la semaine, sçavoir le mercredi pour les Mathématiques et le samedy pour la Physique.
Et afin que tous les sujets soient traités avec plus d’exactitude, on a jugé à propos de ne point se partager et que tous se trouvent à l’assemblée les mesmes jours
. »
 [6]

C’est un texte très bref et très administratif. Pas de discours, pas de liste détaillée des présents, pas de travaux scientifiques lors de cette séance inaugurale.
L’Académie vient juste de naître : les savants décident simplement du rythme des réunions (mercredi = mathématiques ; samedi = physique)
et choisissent de se réunir tous ensemble plutôt que de se diviser en deux groupes.
Ce PV est considéré comme l’acte de naissance officiel de l’institution qui se nomme alors « Académie Royale des Sciences ».

Notez que le mercredi, jour de Mercure pour les mathématiques, activité purement intellectuelle (Représentation de la Transcendance)
et le samedi, jour de Saturne pour la physique, activité expérimentale (Existence de la Transcendance),
est accordé avec les fonctions planétaires correspondant à ces jours de la semaine.

Dans les trente premières années se sont aussi tenues exceptionnellement des séances « Arts et métiers », comme par hasard le vendredi, jour de Vénus.

Les premiers membres
Colbert a choisi personnellement une douzaine de savants de premier plan et quatre plus novices comme assistants.
Il a en particulier fait venir à grands frais un étranger prestigieux : Christiaan Huygens, physicien et astronome hollandais qui fait figure emblématique de l’ouverture internationale de cette Académie dès son lancement ;
Christiaan Huygens est arrivé à Paris en mai 1666 ; il fut doté d’une pension de 6 000 livres par an et d’un hôtel particulier pour son logement.
Colbert recrute aussi les mathématiciens et astronomes Gilles Personne de Roberval, Jean Picard , Adrien Auzout, Bernard Frénicle de Bessy,
les physiciens Cureau de La Chambre, Mariotte, etc ... et le bibliothécaire du roi, Pierre de Carcavi.

Colbert présente à Louis XIV les membres de l’Académie Royale des Sciences
huile sur toile d’Henri Testelin (1616-1695)
Photo RMN – Grand Palais (château de Versailles) / Gérard Blot 

Parmi les participants, Marin Cureau de La Chambre, les abbés Edme Mariotte et Jean Picard

Bien que l’Observatoire de Paris soit représenté sur ce tableau, sa première pierre ne fut posée que six mois plus tard, au solstice d’été 1667,
comme en réponse du berger à la bergère [7].
En 1675, ce sera le tour de celui de Greenwich à côté de Londres.

Le premier texte officiel qui encadre strictement le fonctionnement de l’Académie et met fin aux 33 années « informelles » depuis 1666,
est le règlement ordonné par Louis XIV le 26 janvier 1699 (qui fut lu en séance le 4 février 1699).

Colbert a t-il radicalement interdit aux membres de l’Académie de pratiquer l’Astrologie ?
Cela se dit mais il n’y a pas de trace écrite. Le schisme entre astronomie et astrologie n’a peut-être pas été aussi radical que cela a pu être rapporté à la fin du 20e siècle.

L’Académie naît avec une orientation résolument moderne : l’astronomie y est pratiquée comme science d’observation et de calcul,
jamais comme outil de prédiction personnelle ou judiciaire.
La plupart des historiens et des synthèses (Drévillon, Wikipedia, articles grand public) affirment qu’il y a eu une interdiction explicite ou une exclusion de principe de l’astrologie divinatoire dès 1666.
Quelques spécialistes (Halbronn notamment) considèrent qu’il s’agit plutôt d’une séparation de fait et d’un choix institutionnel (astronomie scientifique seulement), sans décret formel d’interdiction.
Les savants étaient alors naturellement astrologues.
Dans les premières années, Colbert patronnera encore les travaux du bénédictin, astronome et astrologue,
Jacques de Graindorge (v. 1602-1680) en météorologie et médecine (observation des comètes, etc) [8].
Mais ce fut bien la dernière fois.
Ce qui est sûr, c’est qu’au vu de son passif et des objectifs fixés, l’astrologie fut rejetée de ce cénacle.
Jacques Merleau-Ponty analysera ce fait comme l’origine de la “docte ignorance
 [9]
.

Ce fut là le point de départ de ma réflexion.
Pour sauver la connaissance, il faut restaurer le lien entre Astronomie et Astrologie, les deux hémisphères du cerveau de la Mère des Sciences.

La date de la première réunion de l’Académie fut-elle choisie à dessein en fonction des astres ?
On procédait encore ainsi à l’époque comme cela s’était toujours fait depuis la nuit des temps.
Ce que l’on sait par les archives, c’est que Colbert et le roi Louis XIV tenaient à ce que la première séance ait lieu avant la fin de l’année.
Le 22 décembre tombait un mercredi, jour dédié aux mathématiques dans cette nouvelle académie comme nous l’allons voir.
C’était le lendemain du solstice d’hiver, en lui-même remarquable car il eut lieu à la culmination du Soleil, 11h38 au méridien de Paris.

Étude astrologique

Après ce petit survol de ce que l’Histoire en a retenu, voyons maintenant ce que l’astrologie
– ou plus précisément l’étude de la dynamique structurelle d’un espace-temps initial, nous apporte en complément.

Nous allons donc considérer deux thèmes astrologiques :
celui du solstice d’hiver 1666, le 21 décembre à 11h38 à Paris
et celui de la première réunion de l’Académie des Sciences, considérée comme acte fondateur, le lendemain, mercredi 22 décembre.

Le thème du solstice d’hiver de l’an 1666, 21 décembre 1666, 11h38, Paris

C’est au solstice d’hiver de l’année 1666 que s’acte cette bascule qui entraîne,
au-delà de la scission entre Astronomie et Astrologie,
le glissement de l’autorité dogmatique de l’Église à la Science [10].

Le solstice a eu lieu à la culmination du Soleil au méridien de Paris : cela fait en soi de cette journée une journée capitale.

On allait mettre au vestiaire/en terre la conscience de la science, son âme, la science de l’Art et l’art de la Science.
Mais cela a-t-il seulement effleuré l’esprit des acteurs de cette époque des Lumières ?
L’astrologie s’était tant banalisée et tant fourvoyé dans les caprices de l’orgueil humain qu’elle n’avait aucun intérêt dans le cadre des objectifs fixés.

Solstice d’Hiver 1666
21 décembre 11:38 Paris -SORI’Astres
zodiac

Notez que je tiens compte des planètes Uranus, Neptune et Pluton qui n’étaient pas encore découvertes en 1666.
La lecture du thème sans ces trans-saturniennes, comme certains l’ont peut-être faite à l’époque, n’est bien sûr pas tout à fait la même.
La perspective s’arrêtait alors aux domaines de la Représentation et de l’Existence, à la frontière de Saturne qui était significativement chargée de tout ce qu’il pouvait y avoir au-delà.
La considération des trois trans-saturniennes dans ce thème nous apporte la vision nécessaire aujourd’hui
pour apprécier le développement de cette initiative au fil des siècles et sa finalité.

Que marque le solstice ?

Du latin « Sol stare », le Soleil s’arrête, les solstices marquent les maximums et minimums d’ensoleillement possible dans chaque hémisphère,
l’un étant toujours l’exact opposé de l’autre.
Lorsqu’il entre dans le signe du Capricorne, le 21 ou 22 décembre, le Soleil cesse d’éclairer de plus en plus le Sud, il marque une pause et se met à éclairer de plus en plus le Nord,
de même que le 20 ou 21 juin lorsqu’il entre dans le signe du Cancer, il cesse d’éclairer de plus en plus le Nord, marque une pause et se met à éclairer de plus en plus le Sud.
A partir du solstice, la tendance minimale se met à augmenter tandis que la tendance maximale se met à diminuer.

La qualité typique de ces phases de l’année est le « sens des ensembles » ou son revers, la « phase ultra-paradoxale ».
A chaque solstice est associée la notion de seuil.
Le sens des ensembles ouvert des Gémeaux et du Sagittaire cède la place au sens des ensembles fermé du Cancer et du Capricorne.
Dans le processus universel de la vie en douze étapes que décrit le zodiaque, le solstice de décembre marque l’entrée du Soleil, compris comme la fonction solaire en astrologie,
dans une phase de Force d’inhibition extinctive en mode Lenteur d’inhibition
qui succède à la Force d’excitation associative en mode vitesse d’inhibition du Sagittaire.

Au solstice suivant, celui d’été de juin 1667, eut lieu la pose de la première pierre de l’Observatoire de Paris
qui devint le partenaire de l’Académie des Sciences dans sa mission d’autorité.
Quant à l’ exigence d’une vérité unique basée sur la science, cette nouvelle fondation a mis dans la balance un apport de réel
car les corps célestes ne mentent pas et l’astronomie finit toujours par permettre de trancher les doutes.

Cette année-là, le solstice d’hiver a lieu à midi au méridien de Paris :
À 21 minutes près : le Soleil culmine précisément à 11h59 à Paris ce jour-là.

Le Soleil, Pouvoir de la Représentation, à 0° du signe du Capricorne, culmine. Il est à l’opposition de Pluton, Pouvoir de la Transcendance, qui est pile au fond du ciel.
Les deux pôles : visible/invisible, lumière/obscurité, esprit/matière, connu/ignoré, valorisé/méprisé, supérieur/inférieur, unique/multiple sont donc l’épine dorsale de ce thème.
De surcroît, cette opposition se fait dans l’axe des nœuds lunaires, qui fait d’un événement particulier une affaire générale :
avec le Soleil au nœud descendant et Pluton au nœud ascendant, on enterre la lumière et on déterre une boîte de Pandore.

Jupiter qui se lève dans le signe des Poissons, marque la formation d’un corps social encore informel et porteur d’un idéal.
Nous assistons à la naissance d’une confrérie, un groupe de chercheurs élevés au rang d’honorables,
auquel est octroyé le droit et le devoir de définir ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas, ce qu’il faut croire et ce qu’il ne faut pas.

Pluton au fond du ciel est en pleine lumière, éclairé par le soleil comme celui-ci éclaire le fond des puits au tropique le jour du solstice !
Et il commande la « mise en contact » : nous sommes face à l’Objet ; cet Objet, c’est la connaissance et son pendant, l’ignorance.
Il s’agit de l’insaisissable pluralité du réel, du fond de l’être vu d’ un œil au zénith : tout est plat !

La Lune, dans le signe du Scorpion, détend cette opposition entre ces deux pôles, Soleil et Pluton : d’une secrète essence féminine, elle est le corpus de la connaissance ;
or elle se trouve en position fragile, dans l’axe sacrifice/sacrifié : secteur 8 en sphère locale soit Existence de l’ Objet
et fin de maison 7 en sphère Relation soit Représentation de la Relation.
Elle est un alter ego qui peut être dévoré. Elle recèle la solution à la prométhéenne volonté d’avoir une autorité unique sur la complexité.
Elle est traquée pour permettre aux nouveaux élus de s’imposer.
Au carré de Mars en Verseau, il est question d’ entraves systémiques durables, d’ une guerre, et pour longtemps, dans le champ cosmologique contre la nature féminine.

Seule à l’occident du thème, cette Lune creuse un vortex : celui du puits de la connaissance, de la nature féminine intrinsèque.
C’est l’enjeu de ce moment.
Il est hautement notable qu’ à la même époque, en 1663, Louis XIV a convaincu son médecin Mauriceau
d’imposer la position allongée pour accoucher à sa maîtresse Louise de la Vallière afin qu’il puisse observer la naissance de son enfant en se tenant caché derrière un rideau.
Une aberration physiologique, due à un caprice du Roi Soleil qui se répandra très vite comme une traînée de poudre sur le monde entier
et rendra l’enfantement beaucoup plus difficile, risqué et dramatique qu’auparavant.
Et qui entraînera par la suite un interventionnisme très préjudiciable et une dépréciation totale du sacre de la naissance.
En étudiant la physiologie, on comprend que cela mène jusqu’à la déresponsabilisation parentale dont nous sommes témoins de plus en plus aujourd’hui [11].
La France porte une très grande responsabilité en ce domaine on ne peut plus vital.

Uranus, Uranie, la muse des astronomes et des astrologues que les deux revendiquent,
est à l’honneur dans les sphères locale et équatoriale - celles du Sujet et de l’ Objet,
mais pas dans le thème Relation, ce qui signifie que des lumières étaient bien là à l’origine,
mais qu’avec le temps, attribut du référentiel Relation, le fil d’Ariane va s’user …

Uranus se retrouve en position de faiblesse en Relation. Les « bons amis », les frères d’âmes de ce thème sont Saturne et Neptune conjoints en Capricorne,
qui répondent respectivement aux formules transcendance de l’ Existence et existence de la Transcendance.
C’est très sérieux, du moins ça en a l’air. Les deux tournent en rond privés de lumière, sauf le rapide Mercure qui leur donne une allure, couleur vert de gris des atours académiques !
A la longue, des verbeux et des apprentis sorciers tendent à étouffer l’intuition et les génies précurseurs, ça se sclérose.

Pour finir, regardons l’ héliocentrique, en haut à gauche : le dessin formé par les aspects du thème suggère un rebond.
On peut y voir un trampoline qui repose sur un sextil ambivalent entre Vénus et Jupiter qui désignent des favoris, ceux de la Cour,
Jupiter étant au tout début Bélier et Vénus en toute fin du Taureau.

Là-dessus rebondissent Terre-Pluton en toute fin des Gémeaux d’un côté et le trio très prometteur Mercure-Uranus-Mars en Verseau de l’autre.
Cela pourrait effectivement laisser imaginer quelque chose de formidable comme une véritable science, ouverte et sans tabous, dynamique et prospective.

Mais l’affaire tourne en circuit fermé. Le cercle de favoris est signifié par Vénus et Jupiter, deux fonctions réciproques qui échangent courbettes et faveurs dans leur cour.
Jupiter signe Bélier en héliocentrique, alors qu’elle est en Poissons en géocentrique.
C’est une forte impulsion initiale qui s’ancre dans les esprits sans faire de bruit.

Vénus, fin Taureau en héliocentrique et Verseau en géocentrique, privilégie les choix conservateurs, réactionnaires, systémiques.
Elle est aidée en cela par Saturne et Neptune conjoints en Capricorne qui nous parlent d’une institution fossilisée / fossilisante tournant en rond sans lumière.
Saturne, fonction transcendance de l’Existence et Neptune, existence de la Transcendance, sont les deux fonctions réciproques qui forment le cercle fou de l’insatisfaction,
privées qu’elles sont du niveau Représentation. Cette insatisfaction devient systémique en Capricorne.
La recherche ne pourra jamais aboutir car, entre doutes et tâtons, elle est sans lumière.
Il faudrait pour cela admettre une finalité.
L’avantage de ne pas en admettre, c’est de pouvoir éternellement justifier son existence au nom de la recherche …

En héliocentrique, Mars, accompagnée de Mercure et d’ Uranus en Verseau, nous parle du vrai moteur du système cosmologique
mais aussi de la fabrique de la pensée collective.

En géocentrique, Mars est la marque des authentiques pionniers de de la science qui ne sont pas bienvenus.
Elle recèle pourtant le pouvoir de renverser la vapeur ce qui pourrait nous propulser dans l’aventure cosmique. Elle est la remontée de l’ombre de ce thème.

L’enjeu est grand comme l’univers et comme l’avenir ;
cette date marque une incroyable usurpation, à un niveau qui n’est plus celui de la règle, ni même celui de la civilisation, mais celui du système :
le sacré est évacué de la connaissance comme le corps féminin est sacrifié au voyeurisme.

Les siècles passant, l’air de rien derrière le poudrage, ça a laissé un petit caillou dans la chaussure qui a fini par mener la cosmologie et la science en général dans une impasse.

Y a t-il un espoir de renouveau de ce côté là ?

Dans la deuxième moitié de cet essai, nous irons voir comment, par vagues successives, s’est creusé le sillon entre le ciel des astronomes et celui des astrologues, celui des scientifiques et celui des mystiques.

Mais tout d’abord, jetons un coup d’œil sur le moment même de l’acte fondateur.

Le thème de la première réunion de l’Académie des Sciences le mercredi 22 décembre 1666

L’heure de la tenue de cette première assemblée n’est nulle part mentionnée.
On sait que les réunions des académies et sociétés savantes du XVIIe siècle avaient lieu l’après-midi, souvent en début ou milieu d’après-midi,
et duraient généralement 2 à 3 heures (parfois plus quand il y avait des expériences ou des débats longs).
Je retiens donc 15h pour dresser le thème dans un premier temps.
La position des astres par rapport à l’axe Ascendant-Descendant (intersection du plan de l’écliptique avec le plan de l’horizon local) et au méridien pouvant m’amener à préciser cette heure.

Je fais le thème pour 14h et pour 15h. Sachant qu’en ce jour solsticial, le Soleil se couchait peu après 16h mais que la réunion fut fort brève, au regard des thèmes, j’opte pour 15h.

fondation de l’Académie Royale des Sciences
22 décembre 1666 15:00 -SORI’Astres
zodiac

Qu’est-ce qui change par rapport au thème du solstice ?

En géocentrique, l’orientation du thème n’est pas la même puisque l’heure n’est pas la même mais hormis cela (nous allons y revenir), peu de changement :
la Lune est toujours en Scorpion, Mercure toujours en Capricorne en géocentrique et le reste n’a que très peu bougé sur le zodiaque.

En héliocentrique, en revanche, il y a du nouveau ! Mars et Mercure sont entrés en Poissons et Mercure vient de dépasser Mars, juste après avoir été chacune conjointe à Uranus.
Rien de mieux pour un tour de passe-passe ! … dans l’invisible, au niveau des égrégores, des schémas de pensée.
Mutation des idées et mutation de l’idée qu’on se fait de la science.

Revenons maintenant au thème géocentrique pour constater que le stellium en Capricorne et Verseau -du Soleil à Uranus,
dont ne sont exclues que la Lune, Jupiter et Pluton, est essentiellement en plein contact [12], Vénus culmine et Uranus s’y apprête.

Cela peut faire penser à un nid de parasites qui va devenir totalement envahissant.

Quant à la Lune, elle est en maison 6, transcendance de l’Intégration,
et elle forme maintenant un demi-carré au Soleil (carré Soleil la veille pour le solstice),
un carré à Vénus et Uranus et un trigone à Jupiter.
On peut y voir la hâte et les obstacles matériels à l’organisation de la réunion mais aussi le moment favorable, par Jupiter !

FIN DE LA PREMIERE PARTIE

Notes

[2Rétrospective des causes en 2e partie

[3Voir « la découverte du SORI’Astres » diaporama https://www.rockastres.org/spip.php?rubrique12

[5Joseph Bertrand, L’Académie des sciences et les académiciens de 1666 à 1793. BNF

[7réponse du berger à la bergère ou de la Terre au Soleil. A une date donnée, la longitude géocentrique du Soleil est pile opposée à celle de la Terre en héliocentrique. Elle est aussi celle de la Terre en héliocentrique six mois plus tard ou plus tôt

[9Jacques Merleau-Ponty "La science de l’Univers à l’âge du positivisme. Étude sur les origines de la cosmologie contemporaine" (Vrin, 1983).
Analysé également par Thomas Kuhn, dans “La révolution copernicienne 1973 « The Copernician Revolution : Planetary Astronomy in the Development of Western Thought », 1957 (ISBN 978-2-253-05933-2)

[10De Copernic à Einstein - Une Histoire Vieille Comme Le Monde -4 by Claire Henrion on Scribd https://rockastres.org/spip.php?rubrique19

[11L’amour scientifié, Michel Odent, 1999

[12Plein contact : entre le Descendant (DS) et le Milieu du ciel (MC). La lecture se fait dans le sens antihoraire en partant de l’Ascendant

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